Un premier parc éolien en zone d’exploitation forestière, à Lierneux

La construction du premier parc éolien en zone d’exploitation forestière de Belgique a commencé en janvier 2018, à proximité de Lierneux. Ce parc, dont la construction a été achevée en février 2019, compte au total six éoliennes de 3,2 MW, soit l’équivalent de la consommation d’électricité annuelle de 9 200 ménages.

 

Le choix du site, une zone d’exploitation forestière intensive de faible intérêt du point de vue de la biodiversité, permet de construire des éoliennes à très grande distance des habitations.

Les éoliennes sont construites sur une zone d'exploitation forestière intensive, de faible intérêt du point de vue biodiversité.

Le parc contribue également à une gestion multifonctionnelle de la forêt. En effet, les chemins existants ont été renforcés durant la phase de construction, ce qui contribue au maintien de la production de bois de résineux dans des conditions optimisées, avec une incidence moindre sur les sols. Le revêtement des chemins respecte la géochimie du sol, grâce à un empierrement siliceux.

 

La création de zones ouvertes au pied des éoliennes revêt un intérêt biologique, en raison du micro-habitat créé et de la régénération naturelle permise par ces ouvertures. Celles-ci ont toutefois été réduites au strict minimum (chemin d’accès et aire de grutage).

 

Le chantier lui-même a été réalisé en respectant les préconisations du permis, qui prévoyait une prospection fine de la faune et de la flore, sur les chemins à emprunter et les aires de montage, juste avant de débuter le chantier, afin de minimiser les impacts potentiels de celui-ci. Cette prospection, menée conjointement avec le Département de la Nature et des Forêts de la région wallonne, devait permettre de repérer les espèces végétales invasives, et d’éviter toute destruction de plants de bruyère quaternée (espèce indigène, déjà présente avant la plantation des épicéas, à préserver), de colonies de fourmis rousses (espèce protégée) ainsi que tout dégât concernant des amphibiens ou des reptiles protégés, comme la grenouille rousse ou l’orvet fragile.

 

Cet inventaire a été réalisé en plusieurs fois, zone par zone, en fonction du planning d’avancement des travaux. C’est ce qui a permis de déplacer/sauvegarder certains individus (cf. photos ci-contre).

 

Des mesures compensatoires, à distance du site, sur la commune adjacente de Vielsalm, au lieu-dit de Joubiéval, permettront en outre de préserver des milieux tourbeux (boulaie sur tourbe notamment), qui constituent de précieux puits de carbone. En 2018, sur cette zone de 18 hectares, il a déjà été procédé à la coupe de peupliers inadaptés au milieu ainsi qu’à l’élimination manuelle de repousses d’épicéas sur certaines surfaces, afin de favoriser l’implantation d’espèces plus favorables à la biodiversité. Des inventaires biologiques sont prévus tous les trois ans, ce qui permettra un suivi fin des évolutions.

 

Enfin, une attention particulière a été apportée à la protection de la nature lors du chantier. Les déchets de chantier ont permis de produire 30 bacs de compost pour les riverains de Stoumont.

 

Un projet de double parcours didactique, pédestre et cyclable, est en cours d’élaboration.

Nos équipes ont déplacé à l’épuisette des tritons qui se trouvaient dans une ornière inondée, sur les chemins d’accès au site de construction. Opération sauvetage d’une espèce amphibie accomplie !

Vue du nouvel habitat, choisi en concertation avec le Département Nature et Forêts de la région Wallonne.