Fonctionnement du marché de l’énergie : les faits marquants externes de l'année 2018

Nouveau développement des énergies renouvelables

En 2018, les capacités de production renouvelables intermittentes ont connu un nouveau développement. Selon le gestionnaire de réseau de transport d’électricité Elia, plusieurs records ont été enregistrés de ce point de vue :

  • en janvier, la production éolienne onshore a atteint son maximum historique à ce jour (403 GWh) ;
  • les mois de mai (517 GWh), juin (464 GWh) et juillet 2018 (555 GWh) constituent les plus hautes valeurs de production solaire jamais enregistrée en Belgique ;
  • le 28 juillet à 15h00, 46% de la production totale belge était couverte par les capacités éolienne et solaire ;
  • en décembre, la production éolienne offshore a atteint son maximum historique (452 GWh).

 

Au total, la production d’énergie renouvelable a augmenté de 18% à l’échelle belge, en 2018. 

Forte variation des prix court terme et des prix de déséquilibre

En 2018 comme en 2017, les prix court terme ont à nouveau fortement varié tout au long de l'année. Les prix Belpex (day ahead) ont connu une nouvelle augmentation, de même que les prix de déséquilibre (prix appliqués lors des déséquilibres constatés entre les injections et les prélèvements d’un responsable d’accès).

   Prix Belpex (day ahead) supérieurs à 100 €/MWh

Source : Belpex.

  Nombre de quarts d'heure avec des prix de déséquilibre plus élevés que 200 €/MWh

Source : Elia.

Le nombre d’heures avec des prix de déséquilibre supérieurs à 300 €/MWh a légèrement baissé, mais le nombre d’heures avec des prix de déséquilibre supérieurs à 200 €/MWh (cf. ci-dessus) est en hausse, car la volatilité des prix, un peu moins marquée en 2018 qu’en 2017, est néanmoins plus fréquente.

Faible disponibilité du parc nucléaire belge

Autre événement très marquant de l’année 2018 : l’indisponibilité de plusieurs centrales nucléaires belges.

 

L’indisponibilité imprévue de certaines centrales s’était manifestée dès octobre 2017. Pour d’autres, les annonces ont eu lieu à partir d’avril ou de septembre (cf. graphe ci-dessous).

 

Ainsi, au mois d’octobre 2018, la production nucléaire n’a représenté que 15% du mix énergétique belge, alors que celui-ci représentait 50% du mix belge en octobre 2017. L’indisponibilité inattendue de ces centrales a eu une incidence directe sur le niveau des importations d’électricité (22% du mix énergétique belge en 2018 contre 8% en 2017) ainsi que sur la production des centrales gaz au cours du quatrième trimestre 2018 (entre 30 et 43% du total, par rapport à une moyenne 2017 de 26%). Au mois de novembre, les centrales à gaz ont affiché un record de production, avec 43% du mix belge, pour pallier l’indisponibilité du nucléaire.

  Puissance produite par les centrales nucléaires dans lesquelles Luminus dispose d’une part de 10,2% 

Le trait bleu en haut du schéma correspond à la puissance  totale théorique.

Source : Luminus. 

Augmentation des prix sur les marchés day ahead ainsi que sur le marché à terme

D’autres événements ont contribué à une augmentation des prix sur les marchés de l’électricité comme du gaz :

  •  des températures très froides en mars 2018, à une période où les capacités de stockage de gaz de la Belgique sont traditionnellement peu approvisionnées, ce qui a généré une forte hausse, momentanée, des prix du gaz ;
  • la hausse des prix des certificats d’émission de CO2, en raison notamment d’une décision de l’Union européenne prise en février 2018, confirmant une réduction graduelle des permis d’émission (phase 4 de la réforme EU-ETS).

 

Les graphes ci-dessous montrent que les prix Belpex n’ont jamais été aussi élevés, depuis 2014, qu’à partir de mai 2018, ainsi qu’en moyenne annuelle. Le prix moyen du MWh en 2018 s’établit à 55,27€/MWh au lieu de 44,58 en 2017.

 

Moyenne du prix Belpex mois par mois sur cinq ans

Source : Belpex.

 

Moyenne du prix Belpex par année

Source : Belpex.

Le graphe ci-dessus montre à quel point l’année 2018 a été exceptionnelle par rapport aux années précédentes.

 

Quant aux prix à terme, ils ont augmenté durant la plus grande partie de l’année (cf. graphe ci-dessous), sous l’influence de deux types de facteurs, macro-économiques et locaux :

  • l’augmentation des prix du pétrole (d’environ 20%), jusqu’en octobre ;
  • l’indisponibilité croissante des centrales nucléaires belges.
 

Evolution des prix à terme au cours de l'année 2018, pour l'année 2019 

Source : Endex.


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